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Notre capacité à proposer une offre de transport complète et digitalisée est déterminante

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Marc Bourdon est depuis janvier dernier le nouveau directeur central, en charge du réseau commercial et des agences. Il détaille les mesures mises en place pendant la crise du Covid pour préserver les chaînes d’approvisionnement de nos clients.

Quel a été l’impact de la crise ?

La crise a d’abord touché la Chine mi-Février, dans une période d’activité forte du fait du Nouvel An Chinois.  A ce moment, seules les usines chinoises étaient à l’arrêt. Alors que la Chine réamorçait son outil de production un mois plus tard, les grands importateurs mondiaux étaient contraints de stopper net leur activité car la pandémie a touché l’Europe et le continent américain. Aujourd’hui, nous observons un retour à la normale, comme l’a détaillé notre PDG Rodolphe Saadé.

Quelles sont les mesures conjoncturelles qui ont été prises pour réagir ?

Quelles sont les mesures conjoncturelles qui ont été prises pour réagir ?

Les mesures principales ont d’abord été sanitaires, pour garantir la santé et la sécurité de nos collaborateurs, à terre comme en mer. Une grande majorité de nos collaborateurs a été mise en télétravail, notamment au siège du Groupe à Marseille. Nous avons ensuite beaucoup échangé avec nos clients pour comprendre leurs problématiques et leurs nouveaux besoins. Après le redémarrage des usines en Chine, certains clients avaient besoin d’être livrés en urgence, en pièces détachées par exemple, et nous avons travaillé en étroite collaboration avec CEVA Logistics pour acheminer le fret par avion plutôt que par bateau.

Quelles ont été les demandes de nos clients et comment nous sommes nous adaptés?

Le confinement en Europe et aux Etats-Unis a entraîné une baisse soudaine de la consommation dans de nombreux secteurs. Nos clients nous ont demandé de retenir la marchandise qu’ils avaient commandé, car ils ne pouvaient pas écouler leurs stocks. Il a d’abord fallu adapter nos capacités pour faire face à la baisse globale de la demande. C’est pour répondre à ces nouveaux besoins que le Groupe CMA CGM a lancé le BUSINESS CONTINUITY PACK, avec des solutions innovantes comme DELAY IN TRANSIT qui permet aux chargeurs de stocker leur fret dans un de nos hubs portuaires pour temporiser le flux de marchandises, des solutions aériennes pour le fret urgent ou des produits destinés à soutenir l’activité de nos clients. Ainsi, Networking Intermediation Services a rencontré un franc succès, en offrant la possibilité à nos clients de trouver de nouveaux clients ou fournisseurs et de s’ouvrir de nouveaux marchés en leur donnant accès à notre propre portefeuille clients.

Comment se dessine, selon vous, le monde de l'après-Covid-19 ?

Comme l’a précisé Rodolphe Saadé, nous nous orientons vers une reconfiguration du commerce mondial, avec une demande croissante pour un transport plus durable et une régionalisation accrue des échanges. Notre Groupe s’inscrit pleinement dans ce schéma d’avenir, avec le développement de modes de transport plus respectueux de l’environnement, que ce soit sur les routes au long cours, avec les futurs porte-conteneurs de 23 000 EVP propulsés au Gaz Naturel Liquéfié (GNL), ou sur le short sea. Le transport maritime intrarégional, notamment en Europe, est une alternative très intéressante au transport routier. 

Un conteneur qui fait le voyage entre Madrid et Edimbourg en camion émet en moyenne 7 tonnes de CO2, alors qu’il n’en émet que 2 tonnes s’il est acheminé avec une solution mer/rail. A cela, le Groupe CMA CGM, via sa filiale Containerships, développe une offre de transport encore plus propre, avec des navires propulsés au GNL et optimisés pour le transport de conteneurs 45’ pallet-wide.

Comment les clients du Groupe abordent-ils la reprise et quelles sont leurs principales problématiques ?

Le principal enseignement pour nos clients, c’est qu’ils ont tout intérêt à avoir une offre de transport intégrée et de bout-en-bout, qui leur propose suffisamment de souplesse pour une gestion ultra-fine de leur fret. C’est pour cela que nous développons des offres croisées avec CEVA, et c’est pour cela que le Groupe s’est engagé dans une digitalisation massive de ses outils. Nos clients veulent être en capacité de monitorer et d’intervenir à chaque étape du transport. En 2020, notre capacité à proposer une offre de transport complète et digitalisée est déterminante pour nos clients.

On parle beaucoup de relocalisations, de productions stratégiques... Faut-il s'attendre à une baisse durable des échanges mondiaux ?

Le commerce mondial va continuer à se développer mais il va changer de visage. Il y aura des ajustements, avec des industriels qui vont vouloir diversifier leur sourcing et limiter les risques de rupture de chaîne d’approvisionnement. Nous verrons, sans doute à la marge, quelques relocalisations de productions dites stratégiques, dans le secteur médical notamment. Mais cela n’aura pas de conséquence majeure sur le développement du commerce mondial, sur la volonté des entreprises de conquérir de nouveaux marchés et sur la demande globale de transport. Dans ce contexte, le transport maritime représente l’alternative la plus respectueuse de l’environnement et nous pensons que sa part est encore amenée à se développer dans les échanges, notamment sur l’intrarégional.

Marc Bourdon a intégré le Groupe CMA CGM en 1999 au bureau régional de Hong Kong, où il été responsable du développement commercial pour la zone Asie du Sud-Est puis pour le Centre et le Nord de la Chine. En 2004, il devient directeur de plusieurs agences du Groupe notamment en Inde, puis au Brésil en 2010, aux Etats-Unis en 2013 et enfin en Chine en 2018. En janvier dernier, suite à la nomination de Mathieu Friedberg à la tête de CEVA Logistics, il est nommé directeur central du Groupe en charge du réseau commercial et des agences.