Un trafic maritime en forte progression
Les entreprises sont à l’avant-garde de ces mutations profondes du continent. L’évolution du trafic maritime est ainsi un baromètre de l’économie africaine. « Celui-ci connaît une embellie depuis plusieurs années en Afrique et de nouvelles routes se créent avec l’Inde, le Moyen orient, la Turquie. L’Europe qui concentrait jadis 80 % des échanges avec l’Afrique n’en représente plus que 15 % aujourd’hui », détaille Hervé Zongo, General Manager Côte d’Ivoire, Groupe CMA CGM. Ainsi, avec Tanger Med 2, le Maroc entre dans le club très fermé du top 20 des plus grands ports mondiaux avec une capacité totale de 9 millions d’EVP. Port Said, en Egypte, et Durban, en Afrique du Sud, avec près de 3 millions d’EVP traités, font quant à eux partie du top 100 mondial. Et derrière, la course est engagée, notamment entre les ports d’Afrique de l’Ouest qui comptent trois « millionnaires » (Lagos, au Nigeria, Lomé, au Togo, et Tema, au Ghana), talonnés par Pointe-Noire, Dakar, Abidjan et Cotonou. Sur la côte Est, Mombasa, au Kenya, a enregistré l’an dernier une performance historique avec 1,4 millions d’EVP traités.
Et les projets ne manquent pas, au premier rang desquels figure le port en eaux profondes de Lekki, à une trentaine de kilomètres de la capitale nigériane, pour lequel CMA Terminals a officiellement signé, fin septembre 2019, un contrat de gestion de 45 ans.
Le futur port de Lekki, dont les opérations doivent démarrer en 2022, disposera à terme d’une capacité totale de 2,5 millions d'EVP. Avec une profondeur de 16 mètres, il pourra accueillir des navires d'une capacité allant jusqu'à 18 000 EVP et permettra de décongestionner les ports de Lagos (Apapa et Tin Can), où les camions peuvent passer plusieurs jours sur les quelques kilomètres de route qui permettent de rejoindre le port.



